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“Je veux que la partition cesse d’être une référence.”
Une petite phrase extraite d’une interview pour Classica, qui a suffi à me valoir quelques ricanements mais aussi beaucoup de soutien de la part d’auditeurs et d’acteurs du monde musical.
La fête n’a pas duré : les débats, aussi enflammés soient-ils parfois, s’essoufflent vite sur internet. À plus forte raison quand la discussion porte sur l’interprétation en musique classique : pensez-vous, l’affaire est entendue. Consensus autour du respect du texte et de la “liberté” restreinte de l’interprète serviteur. Quid de l’impro, quid de la compo, ces “spécialités requérant d’autres talents musicaux” ou “étant déjà pratiquées par suffisamment d’éléments des nouvelles générations pour qu’on puisse considérer cela comme un faux problème.”
Ces réfutations esquivent une discussion de fond sur ce qu’est l’interprétation musicale, et ce que fait le musicien quand il joue de la musique à partir d’un texte. Au-delà des tartes à la crème : “restituer les idées du compositeur”, “se faire le passeur de la musique des grands génies”, “s’effacer devant / se fondre dans (et pourquoi pas même se dissoudre pendant qu’on y est ?) la musique” ressassées à longueur d’interviews, de critiques, de masterclasses et autres, n’est-il pas possible de questionner l’approche musicale interprétative dans son essence même ? De se demander ce qu’il peut bien se passer d’autre, et à un niveau plus profond, qu’une restitution honnête d’un texte appris par un musicien (avec la petite pincée d’originalité idoine) quand nous assistons à son concert ? De s’interroger sur ce qui distingue l’interprète classique de tous les autres musiciens ?
Clovis Colbaut l’a fait, dans la dernière vidéo publiée sur sa chaîne YouTube. J’ai bien sûr été d’abord amusé que ma phrase puisse enclencher un développement comme celui-là, mais je vous conseille d’écouter, car Clovis déploie (et avec beaucoup d’éloquence) sa propre pensée - notamment a l’occasion d’une réflexion brève mais très profonde sur l’IA, vers la fin.
C’est une joie pour moi de voir que certaines des questions qui me dévorent le plus ne se posent pas en vain - et puissent susciter autre chose qu’un procès pour provocation, ou qu’un soutien certes appréciable mais parfois trop aveugle pour pousser plus loin une réflexion qui me semble pourtant nécessaire.
Bon visionnage, et merci Clovis !
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🇬🇧 To mark George Gershwin’s birthday, enjoy Lucas Debargue in “Rhapsody in Blue”, a work full of swing, conducted by Tarmo Peltokoski at the 2024 Verbier Festival.
Watch the full excerpt on our YouTube channel ▶ youtu.be/stdsmQBuFII?si=LkAIgdZU6pfGeUV9
🇫🇷 À l’occasion de l’anniversaire de George Gershwin, retrouvez Lucas Debargue dans « Rhapsody in Blue », une œuvre pleine de swing, sous la direction de Tarmo Peltokoski, lors du Verbier Festival 2024.
Regardez l’extrait complet sur notre chaîne YouTube ▶ youtu.be/stdsmQBuFII?si=LkAIgdZU6pfGeUV9
© HELIOXProdFilms
#verbierfestival #verbierfestival2026 #pianist #lucasdebargue #classicalmusic
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An extract of my interview for France Info, around Gershwin Variations release. Enjoy. #music #impro #composer #jazz #classicalmusic ...
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Un extrait de mon interview pour France Info (English below).
Lien vers l’interview complète en commentaires / link to full interview in comments 👇
“Pour moi, c'est devenu difficile de prendre au sérieux un interprète qui n'écrit pas et qui n'improvise pas. Parce que ça veut dire qu’il est à distance de la musique, qu'il va avoir besoin d'intermédiaire pour rentrer en contact avec elle, que sans partition il n’y a pas de musique. C'est un problème. Pour moi, il faut être capable de générer de la musique sans qu'il y ait une partition préalable, avec un instrument, et ça suppose de connaître le langage musical, de chanter, danser, manipuler les accords. On n'imaginerait pas un jazzman qui ne connaît pas ça. Le jazzman, comme le musicien baroque autrefois, doit maîtriser ce qu'on appelle la basse continue en baroque, qui est en fait l'équivalent de la grille harmonique. La plupart des musiciens classiques ne savent pas quoi faire avec une grille. Ils ont appris un peu le chiffrage, l'équivalent du chiffrage américain, on l'a en classique aussi, c'est le chiffrage baroque. Autrefois, la formation du musicien classique passait par ça d'abord, jusqu'au début du XXe siècle. Il y a quelques profs qui ont continué, dont Nadia Boulanger. Quand on allait chez elle, c'était de l'interprétation mais aussi de l'écriture et de l'impro.
L'acte d'humilité, de respect de l'interprète à l'égard d'un compositeur, c'est d'écrire soi-même. De se confronter soi-même à ses problématiques. C'est ainsi qu'on se rapproche du compositeur. Autrement, on reste derrière, on se protège derrière le paravent de la partition et de tout ce qui s'est écrit depuis par les musicologues, les historiens. On se cache derrière cette masse culturelle et on brode autour. Mais ce qui compte à mon sens, c'est vraiment de se mouiller et d'être soi-même, de dire : "Voilà, quelle musique sort de moi ?".”
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“For me, it has become difficult to take seriously a performer who doesn’t compose and improvise. Because that means being at a distance from music, needing an intermediary to get in touch with it, believing that without a score, there is no music. That’s a problem. To me, a performer must be able to generate music without a score having been written beforehand, using an instrument, and that presupposes a knowledge of musical language, of how to sing, dance, and manipulate chords. You wouldn’t imagine a jazz musician who didn’t know how to do these things.
A jazz musician, just like a Baroque musician in the past, must master what is known in Baroque music as basso continuo, which is essentially the equivalent of the harmonic framework underlying a jazz improvisation. Most classical musicians don’t know what to do with a chord progression. They have learned a little about figured bass, the equivalent of American chord notation; we have it in classical music too, in the form of Baroque figured bass. In the past, a classical musician’s training began with these skills, right up until the early 20th century. A few teachers continued to teach them, including Nadia Boulanger. When you went to study with her, it was about interpretation, but also composition and improvisation.
The act of humility and respect that a performer owes a composer is to write music themselves. To confront those same problems firsthand. That is how a performer gets closer to the composer. Otherwise, the performer remains at a distance, hiding behind the screen of the score and everything that has been written about it since by musicologists and historians. The performer hides behind this mass of cultural knowledge and weaves interpretations around it. But what matters, in my view, is really to take a risk and be oneself, to say: ‘So, what kind of music comes out of me?’”
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L’Art est aisé, mais la critique est difficile.
Parfois, et c’est suffisamment rare pour être relevé, il y a des critiques qui font plaisir à lire. Pas parce qu’elles sont élogieuses - je joins une critique plutôt négative d’un concert à Londres, que j’ai mise de côté car je l’ai trouvée admirable - mais parce que leurs auteurs sont pleinement disposés à écouter, sans tomber dans l’évaluation à partir de références ou la comparaison de “versions” comme autant de copies d’élèves passant un examen de musique. C’est forcément plus difficile d’écrire, quand on ne remplit pas la page de platitudes généralisantes sur ce que doit être l’interprétation, d’un portrait physique et intellectuel hasardeux de l’artiste, d’anecdotes de comptoir sur tel interprète ou compositeur “légendaire”, enfin quand on laisse l’érudition d’antiquaire de côté pour parler d’une expérience d’écoute au présent sans se cacher derrière des bibelots mémoriels. Si vous lisez régulièrement des critiques de concert ou de disque, vous comprendrez ce que je veux dire.
Car cette critique d’Emmanuel Dupuy pour Diapason (ultime survivant de la presse musicale classique spécialisée à l’échelle nationale en France), qui me décerne un Diapason d’Or pour la première fois - pas pour Scarlatti ou Fauré, mais pour mon premier disque incluant des compositions personnelles : quelle bonne surprise ! - ne comporte aucune formule du genre : “il faut”, “il ne faut pas”, “il aurait fallu”. Ses nuances ne s’expriment pas à partir d’une vérité inerte dont l’auteur se voudrait le grand prêtre : la voix est à nu, dépourvue de subterfuge rhétorique. Quand on est artiste et qu’on lit ce genre de papier, on est touché, parce qu’on sait qu’on a été écouté. Encore une fois, c’est rare : les commentateurs qui ne condamnent ni n’adoubent d’office (par aversion ou affection personnelle, par calcul courtisan, ou parce qu’ils auraient une réputation de grincheux à cultiver) ne courent pas les rues.
Il faut dire que si ceux qui voudraient s’adonner à la critique comparative et évaluative ont le champ libre avec le premier disque de mon nouvel album (répertoire écrit par Gershwin, avec beaucoup de versions déjà enregistrées), le deuxième est sans doute un os plus dur à ronger pour eux : 60 minutes de musique originale, juxtaposant les genres, les styles, les hommages et citations. À part dire “Earl Wild a déjà écrit des Études de concert sur Gershwin, et bien meilleures” ou “que nous valent toutes ces notes et cette virtuosité démonstrative sur des chansons ?” si l’on veut disqualifier à vue le travail, il faut prendre la peine de l’écouter pour s’en donner une vraie idée. Pour ceux dont la capacité d’expression écrite et orale sur une réalisation artistique repose entièrement sur le besoin d’évaluer par comparaison, la tâche s’avère suffisamment déstabilisante pour justifier qu’on l’esquive.
Ici, pas d’esquive : une plume claire, intègre et franche, qui témoigne d’une authentique expérience d’écoute.
Respect, Emmanuel Dupuy. Et merci.
Lecteurs : vous trouverez le lien vers le site de Diapason en commentaire.
LD
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PS : Lecteurs curieux, n’oubliez pas de jeter un œil à la critique anglaise… Car de même que je ne réponds pas à telle moquerie sur internet parce que je suis “blessé” mais parce que j’y vois un enjeu philosophique, je ne distingue pas une “bonne” critique de la norme parce qu’elle est positive à mon égard, mais parce qu’il s’y dessine une approche d’auditeur honnête. Vous verrez dans cette critique anglaise négative que l’auteur fait preuve d’une intelligence et d’une finesse remarquables, qui me semblent mieux renseigner les lecteurs que les trop habituelles errances paresseuses sur ce que l’interprète a fait de “bien” ou de “pas bien”, qui m’agaçaient déjà terriblement quand j’avais douze ans et que je tombais sur ce genre de puérilité - alors que j’espérais pouvoir me faire une idée sur le contenu d’un disque avant de l’écouter ou celui d’un concert que j’avais manqué. Devant ces propos d’inspecteurs blasés des travaux finis, je n’avais déjà qu’une chose en tête : “mais au nom de qui ou de quoi ces Messieurs et Mesdames je-sais-tout écrivent-ils de la sorte ?”.
PS 2 : À douze ans, j’avais une professeure de piano très ouverte d’esprit. Par la suite j’ai pu voir que les Messieurs et Mesdames je-sais-tout se trouvent aussi chez les profs et les interprètes : pour preuve, ce souvenir éprouvant d’un cours où de longues minutes se passèrent à devoir rejouer sans cesse le premier unisson du 3eme quatuor avec piano de Brahms, pour un prof prostré, le regard dans le vague, interrompant chaque fois, entre deux grognements : “trop fort”, “pas assez fort”, “dur”, “mou”, “fade”, “pas ensemble”, quand ça n’était pas simplement un petit cri sourd avant même que les doigts n’atteignent les touches du piano. Il fallait prendre son mal en patience et avoir le crâne dur pour ne pas se retrouver hypnotisé par ces âneries théâtrales au point de les faire siennes : tout le monde n’y parvient pas, et outre ceux qui se résignent, il ne faut pas négliger tous ceux qui adhèrent de bonne grâce au procédé.
PS 3 : La plupart de mes collègues musiciens me disent depuis 10 ans : “il faut ignorer la critique”. J’en connais peu cependant qui l’ignorent réellement. Et je n’ai jamais considéré qu’il serait bon de l’ignorer, en dépit de tout ce que j’ai pu dire et écrire sur ses variations qui me semblent les moins dignes sur le fond comme la forme : la critique musicale peut avoir un rôle important dans la circulation de l’information et le débat d’idées en musique classique.
Seulement voilà : bien souvent, les musiciens ne disent ce qu’ils pensent de leurs collègues que dans leur dos, et quand ils s’engagent dans une discussion avec un critique, c’est pour le caresser dans le sens du poil et s’assurer par là ses faveurs par la suite. Ces jeux sociaux hypocrites contribuent à un climat délétère, appauvrissant considérablement les dimensions morales et intellectuelles de notre vie musicale. Il n’est jamais trop tard pour identifier ces tendances à l’œuvre en soi-même, et contribuer peut-être à détricoter la toile d’araignée. Nous y gagnerions tous beaucoup, car il n’est pas dit qu’il n’existe pas de troisième voix entre celle d’Alceste et celle de Célimène.
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4th movement, middle section. In the all piece, Prokofiev is always on the edge of emotional outburst, without ever going for it. This is maybe the place where he gets the closest. #piano #music #concerto #lullaby #emotion @followers ...
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… practiced by a tired man, who woke up at 5am after almost no sleep to make it to is plane to Nantes 😅… Which such soft muscles, at least, there’s less risk to rush !
I am happy to get back to this monster of a piece for a series of 3 concerts with @onpl_orchestre and its one and only artistic director @saschagoetzel in Nantes and Angers. Don’t be too scared : this concerto bites but also caresses, occasionally !
Can you believe that Prokofiev lost the original score, and rewrote it completely 10 years after having finished it ? It is a tragic piece, with flashes of grotesque fantasy and parenthesis of intense melancholy. It is dedicated to a dear friend of him, who committed suicide after writing him a farewell letter.
The music of the concerto gives a lot of space to the granitic, huge piano part, famous for being one of the most demanding of the repertoire - it is always a transformative experience for me to play it live. #piano #music #concerto #practice #lifeisbeautiful
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Photos from Roberto Prosseda's post ...
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How could I have ended my residency with Padova’s Festival Pianistico Cristofori in a better way ? Just arrived in Nantes after a direct flight (!) from Venice, after 2 incredible days of « masterclasses » with the much talented students in Conservatorio di Rovigo "Francesco Venezze". Take note of the names of these young people : you may hear again about them soon. Each of them played with an outstanding artistic maturity, and distinctive musical voice. I wish them and their amazing teachers Roberto Prosseda, Federico Nicoletta and Désirée Scuccuglia all the very best. Thank to you all for this amazing times !
At the end of the class, I made a 90 minutes presentation followed by Q&As. In fact, it was important to make the presentation interactive itself : I invited young artists to come play again by ear 16 bars I just improvised, or challenged them on harmony practical questions - harmony being sadly one of the less cultivated flowers in the contemporary young classical artist’s garden, as it is today considered as « theory » rather than practice.
I titled the presentation « beyond interpretation », suggesting that interpretation shouldn’t be a « final goal » but rather a questionable notion, constantly on the move, that cannot contain one’s entire music making without a price that is costlier to pay that we might think at first : forgetting about the necessity to create, invent, play music spontaneously. In the world of classical music, these things don’t go by themselves : in most cases, it’s either you started on your own with a more polyvalent practice and carried it throughout your musical journey through the years, or came out with this later in your life after some big efforts, because score, technique and interpretative schools put a tremendous and durable pressure on musicians evolving in the “classical” ecosystem.
Fortunately, here or there, one can observe some timid cracks in the stone walls surrounding the classical fortress, letting pass beautiful rays of light. The next chapters belong to the younger ones, who’ll choose how to deal with it and hopefully enlighten the world with a beauty that won’t have to be so intimidating, judged and codified to impress and inspire.
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🇬🇧 Rediscover this striking work, full of contrasts and unexpected sonorities: Messiaen’s “Turangalîla-Symphonie”, performed this summer at the Verbier Festival by Lucas Debargue on piano and Cécile Lartigau on the ondes Martenot, with the Verbier Festival Orchestra under the direction of Esa-Pekka Salonen.
Watch the full excerpt on our YouTube channel ▶ www.youtube.com/watch?si=X-eWB1OXJnSHv8jp&v=RJOWvj1J8cs&feature=youtu.be
🇫🇷 Redécouvrez cette œuvre saisissante, pleine de contrastes et de sonorités inattendues la « Turangalîla-Symphonie » de Messiaen interprétée cet été au Verbier Festival par Lucas Debargue au piano et Cécile Lartigau aux ondes Martenot, avec le Verbier Festival Orchestra sous la direction d’Esa-Pekka Salonen.
Retrouvez l’extrait complet sur notre chaîne YouTube ▶ www.youtube.com/watch?si=X-eWB1OXJnSHv8jp&v=RJOWvj1J8cs&feature=youtu.be
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#verbierfestival #verbierfestival2026 #esapekasalonen #Turangalila #classicalmusic
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Release day treat ! Enjoy here my fugue on Ain't necessarily so !
Working on this song, I got carried away by inspiration and created this insane 3 voices fugue, culminating with a boiling return of the theme in its original melodic and harmonic shape. A challenge for pianists and some fun for piano music lovers ! Thank you Arpeggio Films for the great video ! To be posted soon on YouTube - Vevo... Sony Masterworks Sony Music - Masterworks France Sony Classical
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2 years of work. 2 CDs : First with Gershwin's Preludes, Rhapsody and Concerto - with conductor Elim Chan and Orchestre de Paris, second with one hour of my original music based on Gershwin songs. It's fully out now ! Why to listen to it ? It's fresh and full of music you never heard before. Enjoy here a video of my 7th variation on Summertime : Nocturne !
With Sony Classical and Sony Music - Masterworks France.
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See you there : lucasdebargue.lnk.to/GershwinVariations
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2 Sonnets from Petrarca, commissioned by Festival Pianistico Cristofori in Padova, where I just started my one week residence. The 2 pieces are inspired by Sonnet 132 (adagio) and Sonnet 48 (allegro molto) and dedicated to young musical genius and pianist Sandro Nebieridze who’ll premiered them this Sunday, in Arquà (important place in Petrarca’s life). I was horribly late with this commission : I composed them during the night right after my arrival in town, a few hours ago. Sandro has already learnt them from the manuscripts !!! Tonight : Rachmaninov’s second piano concert with OPV and fantastic Giuseppe Mengoli !
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>> Moisson Instagram d’une interview donnée pour Classica, deuxième épisode <<
La folie continue.
Musique classique : affaire classée. Cold case. On n’en parle plus. Un tas de ruines, surveillé par des archéologues au zèle paternaliste.
Doit-il vraiment en être ainsi ?
Une petite phrase sur le rapport du musicien au texte et c’est la levée de boucliers, direct. Les insultes, l’infantilisation, l’accusation de prétention, encore et toujours.
Ça fait des années que je me vois compissé par des inconnus, des collectionneurs, des musicographes et parfois des collègues, pour des propos que certains d’entre eux ne peuvent se résoudre à voir autrement que comme des hochets pour attirer l’attention. Soit parce qu’ils ne comprennent vraiment pas ce que je veux dire, soit parce qu’ils sont mus par un besoin viscéral de désamorcer toute réflexion.
Et c’est cette deuxième posture qui m’intéresse, car elle est éminemment révélatrice.
Je me fiche de ne pas plaire à tout le monde ou de passer pour un naïf prétentieux : si je m’en souciais, j’aurais choisi de faire autre chose que de me produire sur scène des dizaines de fois par an.
Par contre, je ne suis pas du tout indifférent aux offensives fétichisto-dogmatiques qui investissent l’environnement dans lequel j’évolue comme artiste. Et je crois qu’il ne sert pas à rien de MONTRER cela, quand c’est à l’œuvre.
Nous en sommes là : interroger le statut de référence du texte musical est une PROVOCATION ou une IRRATIONALITÉ, quand on est interprète.
Comme si la voix d’un gardien de la vérité musicale disait d’en haut : “Interprète, laisse cela au philosophe, et tais-toi.”
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Quand tu invites à réfléchir sur le rapport au texte, mais que c’est tellement outrageux qu’un excellent chef d’orchestre et compositeur réplique que c’est peut-être que tu te prends pour la référence, toi ?
La musique n’est pas le texte, elle ne l’a jamais été et ne le sera jamais. D’ailleurs, l’essentiel des pratiques musicales de part le monde, dont certaines sont extrêmement élaborées, s’exercent sans texte. La musique a besoin d’être incarnée dans un corps et perçue par un autre corps pour être de la musique, et sa référence est le temps durant lequel elle se déploie - et non pas des signes de crescendo ou dimimuendo, pas même des valeurs rythmiques écrites dont la réalité va dépendre de tellement de paramètres concrets que la graphie est impuissante à exprimer. L’œil écoute, certes, comme disait Claudel ; mais de là à en faire une référence passant devant les oreilles pour faire de la musique, je pense que c’est aller trop loin dans l’abstraction.
Le texte n’est qu’un outil, incomplet, imparfait ; un tissu rationnel de symboles évocateurs. S’agripper à lui pour lui faire cracher la vérité musicale, c’est penser que la mer et les étoiles vivent captives de l’écriture.
Mais je ne développais même pas cela, dans l’interview : j’exposais simplement un souhait personnel de tracer ma route musicale à l’écart d’une conception qui fait du texte l’alpha et l’oméga de notre métier de musicien. Il s’agit d’une quête individuelle : je ne suis pas là en train de dire que tout le monde devrait faire ainsi. Manifestement, ça n’était pas clair pour tout le monde !
Chaque artiste n’est-il pas libre de suivre sa propre route ? Le respect à l’égard des grands compositeurs est-il davantage du côté de ceux qui vouent un culte scrupuleux à leurs textes ou de ceux dont la créativité se trouvent irrépressiblement stimulée à leur contact ? Après tout, n’est-il pas envisageable que ces approches soient complémentaires ?
Ces questions, pour certains d’entre nous, ne méritent pas d’être posées - et quand elles le sont occasionnellement, cela ne doit pas venir des musiciens. “Bosse tes partitions et tais-toi, va, petit prétentieux !”
On touche un nerf, et ça suffit pour être immédiatement brocardé comme un punk menaçant, dans ce milieu. Pour certains, ça n’est même que du bavardage : disqualifiant simplement parce que “ça parle” non pour ce que ça dit.
De même, je sais que je prête le flanc avec ce post à une réaction du genre : “il est piqué”. Mais ce ne sont pas les moqueries, les insultes ou accusations de prétention directement dirigées vers moi qui m’amènent à réagir. C’est plutôt la réaction épidermique de certains à des questions posées dans un domaine artistique où ce type d’interrogation devrait être assez naturel : comment sommes-nous arrivés là ?
Ça m’amuserait si je ne voyais pas dans cela une subversion profonde de la musique que j’aime.
Welcome to the world of Klassikal Musik !
PS : il y a une faute de frappe (ou un lapsus ?) dans ma réponse en capture d’écran : “chœur” et non “cœur”.
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End of the recital in Pisa - coda of my Summertime Variations ! Pure live energy.
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